« Si nous devions exprimer en un mot ce que nous souhaitons pour notre création, In-I, ce serait le mot « oser ». Si nous pouvions y ajouter un autre, nous choisirions sans hésiter « le neuf ». C’est pour oser le neuf que nous avons l’un et l’autre accepté de travailler ensemble. En bougeant, en jouant la comédie, nous partirons à la découverte de nos différences et de nos ressemblances, et nous les partagerons avec l’autre. Mais pourrons-nous nous rejoindre ? Essaierons-nous de devenir intimes ? Les conflits, la peur, les besoins et les espoirs dresseront peut-être des murs devant nous. Mais entre deux êtres, il en existe toujours un troisième : l’espace qui les sépare. Et c’est dans la recherche de ce troisième être que nous découvrons qui nous sommes vraiment. Les Grecs avaient 14 mots pour décrire différentes manières d’aimer. De combien de ces manières oserons-nous faire l’expérience ? » — Juliette Binoche et Akram Khan, mai 2008

L’année 2009 débute en grand avec la venue à Montréal de la célèbre actrice de renommée internationale Juliette Binoche, dans un spectacle conçu en collaboration avec le phénoménal chorégraphe et danseur britannique Akram Khan. Pour rendre la proposition encore plus spectaculaire, la scénographie a été confiée à un artiste visuel et sculpteur des plus cotés de la planète, Anish Kapoor. La première mondiale d’In-I aura lieu en septembre 2008 au National Theatre à Londres; cette oeuvre sera ensuite présentée en tournée dans d’importantes villes culturelles dans le monde. Danse Danse se réjouit de pouvoir offrir le fruit de cette association triplement exceptionnelle, sans nul doute le spectacle le plus attendu de la saison !

In-I

C’est avec joie que la star de Bleu (Kieslowski), de L’Insoutenable Légèreté de l’être (The Unbearable Lightness of Being) (Kaufman) et de Chocolat (Hallström) renoue avec la scène et s’associe à Akram Khan, qui nous avait donné le superbe spectacle [ma] au printemps 2006. Dans cette aventure stimulante, Binoche et Khan conjuguent leurs univers respectifs et assument ensemble la création du spectacle, sa mise en scène et sa présentation. En marge du processus créatif, Juliette Binoche s’entraîne à la danse, tandis qu’Akram Khan se perfectionne au théâtre. Ce partenariat singulier dans le monde du théâtre reflète la sensibilité contemporaine, qui tend vers l’intégration des disciplines artistiques et qui provoque des expériences nouvelles, audacieuses et inspirantes.

Juliette Binoche

Actrice française de renommée internationale, Juliette Binoche fait ses débuts au théâtre, jouant des auteurs comme Tchekhov ou Pirandello. En 1983, elle entreprend une carrière au cinéma et travaille avec des réalisateurs tels Jean-Luc Godard et Jacques Doillon. En 1985, le film Rendez-vous d’André Téchiné l'impose comme une des actrices les plus prometteuses de sa génération. Récompensée par le prix Romy-Schneider en 1986, elle donne deux ans plus tard la réplique à Daniel Day-Lewis dans L'Insoutenable Légèreté de l'être, premier de nombreux films produits à l’extérieur de la France. Égérie de Léos Carax, l'enfant terrible du cinéma d'auteur, elle tourne avec lui les films Mauvais Sang (1986), puis Les Amants du Pont-Neuf(1991), une œuvre ambitieuse au tournage-fleuve qui la mobilisera durant trois ans.

Après deux films en anglais (Fatale, Les Hauts de Hurlevent), Bleu de Kieslowski marque, en 1993, une nouvelle étape dans la carrière de Juliette Binoche, qui voit sa prestation tout en nuances saluée par un César et un Prix d'interprétation au Festival de Venise. Grâce à sa composition d'infirmière dévouée dans The English Patient (Le Patient anglais) de Anthony Minghella, elle décroche en 1997 un Ours d'argent à Berlin et l’Oscar du meilleur second rôle féminin. En quête de personnages forts et d’univers romanesques, elle multiplie les films d’époque, du Hussard sur le toit (1995) à Chocolat (2000)en passant par La Veuve de Saint-Pierre (2000).

Aussi crédible en George Sand (Les Enfants du siècle,1999) qu’en esthéticienne gouailleuse (Décalage horaire, 2002), Juliette Binoche ne délaisse pas le cinéma d’auteur : après des retrouvailles avec Téchiné (Alice et Martin, 1998), elle éclaire les œuvres dérangeantes de Michael Haneke - Code inconnu (2000), puis Caché en 2005 -, et de Abel Ferrara (Mary, 2005). Curieuse et passionnée, elle prend part à des films qui abordent des questions politiques : les crimes de l’apartheid (In My Country, (Country of My Skul), 2003), le sort des réfugiés (Breaking and Entering (Par effraction), 2006), ou le conflit israélo-palestinien (Désengagement, 2007). Si on la retrouve en 2008 à l’affiche de deux films très français, Paris de Cédric Klapisch et l’Heure d’été d’Olivier Assayas, sa stature internationale lui permet d’apparaître dans une comédie typiquement américaine (Dan in Real Life) ou de travailler avec des maîtres du cinéma mondial comme Hou Hsiao Hsien (Le Ballon rouge, 2007) et Abbas Kiarostami (Copie conforme, 2007). En 2008 toujours, elle incarnait une mère vengeresse dans Another Kind of Silence, un film de Santiago Amigorena, avec lequel elle avait tourné Quelques jours en septembre (2006).

Akram Khan

Figurant parmi les chefs de file de la danse contemporaine britannique et artiste associé au Sadler’s Wells à Londres, Akram Khan crée une danse excessivement énergique et spectaculaire, fusion du kathak et de la danse contemporaine occidentale. Son style frappe l’imagination et capte l’esprit du temps. Stimulé par le métissage artistique et refusant les étiquettes, Khan multiplie les collaborations avec des artistes issus d’horizons divers, comme le compositeur Steve Reich, le sculpteur Antony Gormley, la ballerine Sylvie Guillem, le chorégraphe et danseur Sidi Larbi Cherkaoui, la chanteuse Kylie Minogue et, bientôt, Juliette Binoche.

Né à Londres en 1974, Akram Khan commence à danser dès la petite enfance. Il apprend alors le kathak, une danse traditionnelle originaire du Bengale, patrie de ses parents. C’est aussi très jeune qu’il monte sur les scènes de théâtre, et fait une apparition remarquée avec le rôle d’Ekalavya dans The Mahabharata de Peter Brook, présenté en tournée de 1987 à 1989. En 1994, il entre à l’université De Montfort à Leicester et entreprend des études de danse (ballet et techniques contemporaines). Il prend aussi part au prestigieux X-Group d’Anne Teresa De Keersmaeker à l'École P.A.R.T.S. à Bruxelles.

S’il chorégraphie depuis 1995 - principalement des solos -, c’est en 2000 qu’Akram Khan fonde sa compagnie de danse à Londres, l’Akram Khan Company. La première production de l’organisme, Rush, est accueillie avec ferveur. Il crée ensuite Kaash, succès instantané, puis [ma] couronnée d’un South Bank Award et présentée avec grand succès à Danse Danse en 2006. Ces deux œuvres lui valent une reconnaissance internationale et entraînent la compagnie en tournée dans le monde entier.

En 2005, le duo zero degrees, chorégraphié et interprété avec le Flamand Sidi Larbi Cherkaoui, s’avère un franc succès international qui recevait d’ailleurs le prix australien Helpmann en 2007 pour la Meilleure chorégraphie - ballet/œuvre de danse. En 2006, à la demande de la danseuse étoile Sylvie Guillem, il crée Sacred Monsters, un duo qu’il danse avec elle en tournée mondiale. La même année, il signe une partie des chorégraphies de la tournée Showgirl de la chanteuse Kylie Minogue. En 2007, il crée Lost Shadows en collaboration avec l’imposant Lin Hwai-min, une pièce pour le Cloud Gate Dance Theatre de Taïwan. Récemment, il signe bahok, une collaboration entre la Akram Khan Company et le Ballet national de Chine,  créée en janvier 2008 en Chine..

Anish Kapoor

Né à Bombay en 1954, le sculpteur Anish Kapoor vit en Angleterre depuis 1972. Au cours des 20 dernières années, Anish Kapoor a beaucoup exposé à Londres et dans le monde entier. Lauréat du Premio Duemila à la Biennale de Venise en 1992 et du prix Turner en 1991, il a obtenu un Honorary Fellowship au London Institute en 1997 et a été nommé Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique en 2003. Ses œuvres font partie des collections des plus importants musées d’art contemporain comme le Museum of Modern Art de New York, la Tate Modern de Londres, la Fondation Prada de Milan, le musée Guggenheim de Bilbao, la fondation De Pont aux Pays-Bas et le musée d’art contemporain du XXIe siècle de Kanazawa au Japon. Ses sculptures, gigantesques, parent les grandes capitales du monde. Citons ici Taratantara (1999), une pièce de 35 mètres de longueur installée dans les moulins de Gateshead en Angleterre, et Marsyas (2002), une œuvre d’acier et de P.V.C. installée dans la salle des turbines de la Tate Modern Gallery. Son arche de pierre de taille est en résidence permanente sur les rives du lac de Lodingen au nord de la Norvège. La ville de Chicago exhibe pour sa part Cloud Gate, une sculpture d’acier inoxydable de 110 tonnes située au Millennium Park. À l’automne 2006, l’artiste installait un vaste miroir intitulé Sky Mirror au Rockefeller Centre à New York, comme il l’avait fait à Nottingham en 2001. Les travaux d’Anish Kapoor se situent de plus en plus à la frontière de l’art et de l’architecture. Il participe à l’élaboration du design d’une station du métro de Naples en Italie. Kapoor collabore également avec des artistes du spectacle vivant, tels que le danseur contemporain Akram Khan pour lequel il a réalisé les décors de quelques chorégraphies. Cette liste des réalisations de l’artiste ne représente qu’une fraction du corpus d’œuvres du prolifique Kapoor.

Philip Sheppard

Philip Sheppard est un compositeur, un violoncelliste virtuose et un pionnier du violoncelle électrique. Il enseigne à l’Académie royale de musique en Grande-Bretagne et a composé à de nombreuses reprises pour le cinéma, la télévision et le théâtre. C’est par ailleurs un artiste exécutant prolifique.

Philip a récemment composé la musique originale du film À l’ombre de la Lune, qui a remporté le prix du public au Festival du film de Sundance. Il a également écrit la musique de la série télévisée de la BBC The Manchester Passion and Liverpool Nativity, ainsi qu’une composition pour la pièce The Elephant Vanishes de la compagnie théâtrale Complicite.

Philip a composé la partition de Sacred Monsters,interprété par Sylvie Guillem et Akram Khan, qui a été créé au Sadler’s Wells de Londres avant d’effectuer une tournée mondiale.

Philip a récemment écrit et enregistré des arrangements pour Scott Walker (The Drift), David Bowie (Heathen) et UNKLE (War stories, End titles… Stories for Film). Il est le directeur musical d’un spectacle de huit minutes présenté dans le stade olympique de Pékin en août 2008.

Version abrégée

Durée : à être déterminée
À être créé à Londres, Royaume-Uni, en septembre 2008.

www.akramkhancompany.net


Crédits
In-I

Mise en scène et interprétation :
Juliette Binoche et Akram Khan
Décor :
Anish Kapoor
Éclairages :
Michael Hulls
Musique :
Philip Sheppard

Coproducteurs :
Fondation d’entreprise Hermès
National Theatre, Londres
Théâtre de la Ville, Paris
Grand Théâtre de Luxembourg
Romaeuropa Festival, Rome et Accademia Filarmonica Romana
La Monnaie, Bruxelles
Sydney Opera House, Sydney
Curve, Leicester

Avec le soutien de :
Arts Council England
The Bell Cohen Charitable Foundation
Théâtre de l’Ouest Parisien – Boulogne-Billancourt
CULTURESFRANCE – Ministère des affaires européennes et étrangères

Tournée mondiale soutenue par :
SG Private Banking
Produit par :
Khan Chaudhry Productions et Jubilations Productions
Géré par :
Akram Khan Company

Juliette Binoche est maquillée par Lancôme International, coiffée par
l’Oréal International pour les événements de publicité.

Photos ( en répétition) : Marianne Rosenstiehl . Interprètes Akram Khan et Juliette Binoche

Mars 2008

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